Il brûle des calories

C’est prouvé depuis le début des années 1990 notre couche de graisse permet de nous isoler contre le froid mais aussi de réchauffer directement l’organisme. Les cellules adipeuses constituent en effet une réserve d’énergie que le corps brûle en fonction de ses besoins. Notamment en hiver, quand il doit maintenir sa température à 37 °C alors que le thermomètre dégringole.
Petit conseil:
Baissez la température globale de votre logement (de 20 °C faites-la passer à 19 ou 18 °C et maintenez celle de votre chambre entre 16 et 18 °C). Non seulement vous dormirez mieux, mais vous brûlerez des calories sans vous en apercevoir. En plus, vous ferez des économies d’énergie.
Il active la circulation sanguine

La circulation générale, d’abord, puisque, face au froid, le corps a tendance à envoyer plus rapidement le sang vers les organes vitaux. La microcirculation, ensuite, puisque le froid provoque un resserrement des petits vaisseaux (vasoconstriction), suivi immédiatement, en réaction, d’une vasodilatation (dilatation de ces mêmes vaisseaux), ce qui favorise le retour veineux et le drainage lymphatique. Idéale contre les jambes lourdes, mais aussi l’apparition de varices ou même la chute des cheveux.
Petit conseil:
Quand il fait froid, le cœur bat plus vite. Attention donc : si un cœur jeune est capable de le supporter très bien mais d’une manière générale, les personnes présentant un risque cardiaque doivent éviter les gros changements de températures.
Il diminue la douleur

Mettre une poche de glace sur une blessure après un choc ou un traumatisme est un réflexe ancestral. L’action antalgique du froid est connue depuis l’Antiquité. Elle a plusieurs explications très scientifiques. La première est qu’il « endort » les nerfs sensitifs, ceux qui transportent l’influx nerveux vers le cerveau (d’où la sensation d’engourdissement provoquée par le froid). La deuxième est qu’il stimule la production d’endorphines, des hormones dont les effets sont proches de la morphine. Le froid soulage ainsi les douleurs musculaires (déchirures, élongations, tendinites) et articulaires (entorses, luxation), mais aussi les maux de tête.
Petit conseil:
Le froid a des applications très larges, d’autant plus qu’il permet d’arrêter les saignements (on parle d’action hémostatique) et d’atténuer les gonflements (il s’agit alors d’une action anti-inflammatoire). Il ne doit toutefois pas être appliqué sur une peau lésée (plaie, fracture ouverte).
Il chasse les rhumes

Les rhumes et autres symptômes hivernaux ne sont pas dus au froid, mais à des virus ou à des bactéries. On ne les attrape pas parce que l’on n’est pas assez couvert, mais parce qu’on est contaminé (par une poignée de main, des postillons, un baiser, etc.). Le fait qu’il y ait plus de rhumes ou de maux de gorge en hiver qu’en été s’explique essentiellement par la plus grande promiscuité qui règne pendant cette saison : lorsque le temps est mauvais et que les jours sont courts, nous avons tendance à rester entre nous, bien au chaud, à l’intérieur, ce qui favorise la propagation des virus. L’autre bonne nouvelle, c’est que plus il fait froid, moins les microbes sont virulents : dès que les températures sont négatives, l’activité des virus, des bactéries et des champignons est très limitée.
Petit conseil:
Il est très fréquent d’avoir la « goutte au nez » en hiver. Ce phénomène n’a rien à voir avec un rhume. Il se produit lorsqu’un froid soudain irrite les muqueuses nasales qui sont chargées de filtrer l’air et de le réchauffer pour qu’il atteigne la même température que le corps avant son arrivée dans les poumons.
Il booste le moral

Vous n’y croyez pas ? Le froid est pourtant un bon moyen de lutter contre la déprime hivernale ! Là encore plusieurs mécanismes sont en jeu. Le premier est d’ordre météorologique. Qui dit froid, dit en effet aussi conditions anticycloniques et grand ciel bleu. La luminosité est à son comble. Or la lumière (et non pas les UV) a un effet antidépresseur : elle agit sur la sécrétion de la mélatonine, de la sérotonine et de la dopamine, trois hormones régulatrices de l’humeur. Sans parler de la stimulation des endorphines, appelées aussi les hormones du bonheur, tant leur effet est euphorisant, dont la production est stimulée par le froid.
Petit conseil:
Sans aller jusqu’à vous jeter, comme les Finlandais, dans des bains d’eau glacée, vous pouvez essayer la douche froide. Un radiothérapeute américain a montré en 2008 que passer 2 à 3 minutes sous une douche à 20 °C, en prenant soin de s’adapter à une température d’eau de plus en plus froide pendant 5 minutes, était efficace pour battre en brèche dépression, fatigue et anxiété.
Il donne bonne mine

Le froid a tendance à resserrer les pores de la peau, ce qui a l’avantage de la raffermir légèrement, mais aussi de lui donner plus d’éclat. Non seulement parce que ce resserrement des pores évite l’accumulation de sébum sur la peau, mais il empêche aussi les impuretés extérieures d’y pénétrer. Fini le teint brouillé et le visage tendu. D’autant qu’en stimulant la vasoconstriction puis la vasodilatation, le froid relance aussi la microcirculation au niveau de la peau. Idem du côté des cheveux. Si l’action de l’eau froide sur leur éclat est bien connue, celle de l’air froid l’est moins. Or, comme elle, il referme les écailles des cheveux, ce qui les rend plus brillants.
Petit conseil:
Le froid peut être l’allié de votre peau à condition de protéger les parties découvertes (mains, visage et lèvres) avec une crème hydratante et nourrissante, car l’air sec et le vent la déshydratent ce qui, à la longue, peut l’irriter et la gercer. Mieux vaut également éviter les chocs thermiques (passages du très froid au très chaud), qui aggravent la couperose.
Le froid intense au service de la maladie

Notre expert, le Dr Antoine Boutin, responsable du centre Cryotep, premier institut de cryothérapie corps entier complet implanté à Paris, présente cette méthode.
« Utilisée depuis plusieurs dizaines d’années dans les pays de l’Est, la cryothérapie corps entier consiste à s’exposer pendant environ 3 minutes, dans une cabine spécifique, à des températures comprises entre -120 °C et -170 °C. Cette exposition provoque des effets hormonaux et biochimiques qui améliorent certaines pathologies. Si les plus connues sont traumatologiques (tendinite, déchirure, etc.) et rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde, arthrose, rhumatismes inflammatoires, etc.), il en existe beaucoup d’autres. Le froid intense peut ainsi être utilisé en post-chirurgie pour faciliter la récupération après une anesthésie générale, en dermatologie pour soulager les démangeaisons ou les rougeurs (acné, psoriasis, etc.), en cas de sclérose en plaques pour réduire les contractions musculaires et entretenir la souplesse, mais aussi en cas de stress, de trouble du sommeil ou de décalage horaire (jet lag)… Il existe des contre-indications majeures, comme le port d’un pacemaker, la grossesse, une insuffisance rénale ou la présence de calculs rénaux. Un bilan médical approfondi est de toutes façons nécessaire.»